L’emprunt EDF et l’emprunt Sarkozy

admin  -  Actualité, Politique

Annoncées bruyamment, ces deux initiatives renouent avec une tradition d’appel à la souscription qui a fait le bonheur et aussi la fortune d’épargnants depuis l’après guerre jusqu’aux années 90. A première vue, qui y a-t-il de commun entre les deux démarches ? Rien, mais à y regarder de plus près, on découvre quelques similitudes et une cohérence politique globale.

Le financement d’investissements
Dans les deux cas, il s’agit de financer des investissements, selon les informations dont nous disposons. Cela apparaît de manière claire pour EDF. Ça paraît un peu moins évident pour l’emprunt d’Etat pour lequel on parle de financer les dépenses et les investissements à venir, ce qui laisse une marge d’appréciation pour le gouvernement qui pourra, le cas échéant, se servir des fonds mobilisés pour financer des dépenses courantes (rappelons que l’emprunt Balladur en 1993 avait servi en particulier à renflouer les entreprises publiques). Reste donc à connaître l’affectation réelle de l’emprunt Sarkozy pour savoir quelle sera la répartition réelle entre investissements et fonctionnement.

Créer un lien avec les souscripteurs
Pour EDF, cela ne fait aucun doute : à l’heure de l’ouverture du marché, cette entreprise cherche à fidéliser ses clients, à ce qu’ils se sentent responsables de son fonctionnement et ainsi évitent de répondre aux sirènes de la concurrence. Autrement dit, EDF cherche à se rendre incontournable et s’offre à cette occasion un bon coup de pub, sachant que le financement par emprunt sur les marchés financiers était tout à fait possible.
S’agissant de l’emprunt d’Etat envisagé, on ne peut pas parler stricto sensu de fidélisation ou de contournement de la concurrence, par contre on peut tout à fait parler de coup de pub, de recherche d’adhésion au projet politique, dans la mesure où la levée de fonds peut se faire de manière plus discrète, sur les marchés financiers, de plus sans doute, à un moindre coût.

Qui souscrira ?
Bien évidemment ceux qui ont de l’argent et qui n’envisagent pas de mobiliser une partie de leurs fonds à court terme. Dans cette catégorie, on trouvera les petits rentiers qui ont épuisé toutes les placements courants hors placements obligataires ou en actions (livret A, livret de développement durable, assurance vie), et qui appâtés par un rendement net d’impôts de 3,5 % videront leurs livrets pour souscrire aux emprunts. On peut donc s’attendre à une baisse globale des fonds collectés sur ces livrets, ce qui pose question, s’agissant de l’emprunt d’Etat, puisqu’il ampute de fait des crédits destinés rappelons le à financer le logement social ou les économies d’énergie. On peut donc dire que l’Etat joue contre son camp et que l’entreprise EDF n’est pas bien claire non plus puisqu’il s’agira sans doute de financer le parc nucléaire, qui ne correspond pas à une opération de développement durable quoi qu’on puisse en dire.

Qui paiera les intérêts de la dette ?
Pour EDF, c’est bien sûr le particulier sur ses factures. Il ne fait en effet aucun doute que la charge en intérêts sera répercutée intégralement sur le kilowattheure ce qui permet de dire au passage que l’entreprise se paye une campagne de pub sur le dos des clients. Dès lors on peut se reposer la question de l’opportunité d’un détour vers la concurrence pour éviter de payer plus.
Pour l’Etat emprunteur, pas de concurrence. Le paiement des intérêts se fera sur son budget, soit par des économies qui seront réalisées sur son fonctionnement courant (donc induits par des transferts au privé ou des suppressions de postes de fonctionnaires, par exemple), ou bien encore par des augmentations d’impôts (il ne faut jurer de rien…).

Au final, presque tout le monde paiera les intérêts de ces emprunts, mais il y en a qui seront plus touchés que d’autres : ceux qui n’auront plus accès à des services publics supprimés et devront payer pour des services jusqu’alors gratuits et qui paieront également plus cher leur électricité, sans que leurs revenus puissent absorber les augmentations de tarifs (sans parler de ceux dont les revenus baissent pour raison de chômage).
Par contre, les souscripteurs qui par définition n’ont pas de problèmes de fin de mois, s’accommoderont d’autant mieux de la situation qu’ils percevront un intérêt non négligeable payé par l’ensemble des utilisateurs d’EDF et par les citoyens pour l’emprunt d’Etat, qu’ils soient contribuables ou non. este à savoir combien coûtera au final l’emprunt d’Etat. Souvenons-nous en effet du fameux emprunt Giscard qui a rapporté 7 milliards de francs en 1973, mais dont le remboursement total en aura coûté 80.

En définitive, on retiendra que les motivations de ces emprunts sont surtout d’ordre médiatiques, dans la mesure où la nécessité d’un emprunt public pour EDF n’apparaît pas clairement et dans celle où l’Etat aurait pu financer ses programmes comme il le fait au quotidien, de manière plus discrète, sur les marchés financiers et à un coût moins élevé.

On retiendra également les effets pervers de ces démarches pour les consommateurs et pour les citoyens et sur les contradictions flagrantes entre l’Etat emprunteur et la politique qu’il dit mener en matière de logement social et de développement durable. nfin, les souscripteurs étant avant tout spéculateurs, la question du lien avec les émetteurs d’emprunts reste à prouver. Il s’agit avant tout d’effet d’aubaine.
On se délectera au final du succès, en temps de crise, de l’emprunt EDF qui annonce sans doute celui de l’Etat, en se disant que dans une France aux déficits conséquents, à l’endettement massif, au chômage en hausse, on trouve encore beaucoup d’argent chez certaines personnes.
Le bouclier fiscal aura sans doute grandement contribué au succès de ces emprunts. Les bénéficiaires de ce bouclier peuvent être doublement satisfaits : avec l’argent redonné par l’Etat qui organise ainsi sa propre faillite, ils vont pouvoir s’enrichir encore un peu plus sur le dos des contribuables, justifiant ainsi de futures mesures de dérégulation économique ainsi que des régressions dans le domaine social.

Looking for Eric

admin  -  Cinéma, Sorties

Looking for EricEncore un superbe Ken Loach, Drole, émouvant, charismatique. C’est encore un superbe film anglais, parce qu’il faut bien le dire les anglais sont très fort pour les comédies.
Réalisateur de Land and Freedom, de My Name Is Joe, de The Navigators, de Le vent se lève et de It’s a Free World… Entre autre, j’adore ce mec ! Et il me le rend bien !

A noter évidemment la belle prestation de Steve Evets qui lie a merveille tristesse et amour. Et évidemment notre canto national (Le bonheur est dans le pré, Les enfants du Marais, Le deuxième souffle ) qui surjoue a merveille son propre rôle…

J’adore !

Synopsis

Eric Bishop, postier à Manchester, traverse une mauvaise passe.
Sous son nez, ses deux beaux fils excellent dans des petits trafics en tous genres, sa fille lui reproche de ne pas être à la hauteur et sa vie sentimentale est un désert.
Malgré la joyeuse amitié et la bonne humeur de ses collègues postiers qui font tout pour lui redonner le sourire, rien n’y fait…
Un soir, Eric s’adresse à son idole qui, du poster sur le mur de sa chambre semble l’observer d’un oeil malicieux. Que ferait à sa place le plus grand joueur de Manchester United ?
Eric en est persuadé, le King Cantona peut l’aider à reprendre sa vie en mains…

Déjà plus de 20 000 signataires en faveur de Stéphane Lhomme

admin  -  Actualité, Ecologie, Politique, pétitions

Ce vendredi 19 juin, a été franchie la barre des 20 000 signataires de l’ Appel pour un classement “sans suites” en faveur de Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau “Sortir du nucléaire”, menacé de 5 ans de prison pour avoir révélé la vulnérabilité du réacteur nucléaire EPR en cas de crash d’avion de ligne.

Parmi les signataires, on note des personnalités comme Corinne Lepage, Noël Mamère, Olivier Besancenot, José Bové, Jacqueline Fraysse, Yves Cochet, Yann Arthus-Bertrand, mais aussi le navigateur Eugène Riguidel, des représentants associatifs comme Jean-Marie Harribey (co-président d’Attac), Roland Desbordes (Président de la Criirad), des artistes renommés comme Stéphane Sansévérino, Henri Texier, Kent, Etienne Davodeau, etc.

En novembre 2003, le Réseau “Sortir du nucléaire” révèle qu’il détient un document confidentiel défense issu d’EDF qui reconnaît que, contrairement à ce que prétendent les autorités françaises, le réacteur français EPR n’est pas conçu pour résister à un crash d’avion de ligne (voir notre dossier Document confidentiel défense). Ce document a été évoqué à de nombreuses reprises dans la presse, et a jeté le trouble sur le débat public officiel organisé en 2005 et 2006 sur le réacteur EPR : la Commission nationale du débat public a même censuré la contribution de “Sortir du nucléaire” qui évoquait le fameux document.

En mai 2006 et mars 2008, Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau “Sortir du nucléaire”, a été placé en garde à vue par la DST (aujourd’hui DCRI), sur réquisition du Parquet de Paris… section antiterroriste. Accusé de “compromission du secret de la défense nationale”, alors qu’il n’a fait que son devoir de citoyen, Stéphane Lhomme risque 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende.

Depuis mai 2006, Stéphane Lhomme est visé par une “enquête préliminaire” bien curieuse puisqu’elle court… depuis plus de trois ans : une durée tout à fait hors norme. Les conséquences principales de ce “sur-place” judiciaire sont l’impossibilité d’accéder au dossier et le fait de garder sur la tête une “épée de Damoclès” de 5 ans de prison.

Le 4 avril 2008, le vice-procureur Alexandre Plantevin, sollicité à plusieurs reprises par l’avocat du Réseau “Sortir du nucléaire” Me Busson, avait enfin répondu, assurant que l’accès au dossier serait possible “sous quinzaine”, dès que la DST aurait “transmis les derniers actes effectués”. Or, plus d’un an après, malgré d’autres relances, rien n’a changé. Aussi, le 4 mai 2009, Réseau “Sortir du nucléaire” a saisi Laurent Le Mesle, Procureur général près la Cours d’appel de Paris. La pétition soutient cette démarche, demande la clôture de l’enquête préliminaire et, surtout, demande un classement “sans suites” en faveur de Stéphane Lhomme.

Par ailleurs, toujours dans cette affaire de document confidentiel défense, EDF aurait mis en place des opérations illégales d’espionnage (*) de Stéphane Lhomme et du Réseau “Sortir du nucléaire”, lesquels se sont constitués parties-civiles. Le texte demande là aussi à ce que toute la vérité soit faite.

SIgnez l’appel

GAY PRIDE

admin  -  Actualité, Photos, Politique

Et oui, c’était la Gay Pride samedi dernier… l’occasion de faire des photos et de montrer que les hétéros sont pas tous des enculés qui pensent qu’à eux et se battent aussi pour des causes qui ne les touchent pas forcément directement !

Les miennes

Celle de grumly !

Ultimatum climatique

admin  -  Actualité, Ecologie, Politique, pétitions

ultimatum climatique

Monsieur le Président,

Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».

Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de l’action humanitaire, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague. Au regard de l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009.

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.

S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… : les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ». Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère  et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie.

L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.

Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.

Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.

Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.

Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits.

Je signe l’appel

Antichrist

admin  -  Actualité, Cinéma, Photos, Politique, Sorties, Vidéo

AntichristJe ne sais pas encore, il est trop tôt…
Même avec une nuit de réflexion, je n’arrive pas à savoir.

Ce qui est sur, c’est que Lars von Trier signe son plus beau film visuellement parlant… Charlotte Gainsbourg (la science des rêve, prête moi ta main, 21 grammes, ma femme est une actrice, grosse fatigue, la petite voleuse…) est impressionnante en écorchée vive. Et j’apprécie de plus en plus Willem Dafoe (Spider man, Inside man, Paris je t’aime, Manderlay, The Aviator, La vie aquatique, Existenz, La Tentation du christ, Platoon… Un beau palmarès !!!).

Il y a des scènes gores qui ne servent à rien, il y en a qui sont utiles…
C’est du Lars Von Trier tout craché.
Bien évidemment, c’est encore un film que je ne reverrais pas !

Synopsis

Un couple en deuil se retire à ” Eden “, un chalet isolé dans la forêt, où ils espèrent guérir leurs coeurs et sauver leur mariage. Mais la nature reprend ses droits et les choses vont de mal en pis…

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